BOURGOGNE

La Région en soutien à l’agriculture

La Région en soutien à l’agriculture
©David Cesbron

Lors de sa dernière assemblée plénière, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a octroyé une enveloppe de 150 millions d’euros à la filière agricole pour la période 2026-2028.

Tendues, l’adjectif pouvait définir les récentes relations entre le conseil régional et la filière agricole, notamment à cause des retards de paiement de différentes aides aux exploitants. Pourtant, la chambre régionale d’agriculture et la collectivité viennent de signer une convention de partenariat, avec un plan de soutien de 150 millions d’euros débloqués pour une agriculture durable et souveraine. « Il s’agit d’un renouveau entre nos deux instances » se réjouit Christian Morel, vice-président du conseil régional délégué à l’agriculture. L’élu complète : « Les agriculteurs traversent une situation compliquée qui associe des revenus bas ou une nécessaire adaptation au changement climatique ». 
A travers cette convention, la Région cherche à créer de la valeur ajoutée aux productions agricoles ou de nouveaux revenus. En s’appuyant sur les filières viticoles ou du Comté, en progression, il considère que les efforts paient. « On peut demander des choses aux agriculteurs, à condition qu’il y ait des revenus derrière. » Les jeunes agriculteurs ont par exemple sollicité l’aide de la région à travers des subventions pour adapter leur activité aux changements climatiques. Christian Morel met aussi en lumière le travail mené aux côtés de la filière viticole : « Nous devons soutenir l’actions des viticulteurs sur le bas carbone. Il s’agit d’une exigence du consommateur qui accepte de payer le prix d’un vin de qualité ». En complément, le vice-président souhaite également accompagner la filière dans son développement à l’export afin qu’elle ne soit pas dépendante du seul marché américain, de plus en plus risqué.

Réussir à passer le relais
Alors que la sécurité alimentaire, la durabilité, la compétitivité et la vitalité des zones rurales passent par le renouvellement des générations, Christian Morel pointe une inquiétante réalité : « Quasiment un agriculteur sur deux ne sera pas remplacé ! ». Les chiffres nationaux renforcent cette crainte puisque d’ici 2030, plus de 30 % des exploitants agricoles atteindront l'âge de la retraite alors que la jeune génération n’est pas au rendez-vous pour prendre la relève. En réponse, le conseil régional a voté l’augmentation de la dotation à l’installation des jeunes agriculteurs, la passant de 43 000 à 65 000 euros, « ce qui en fait la première dotation de France en valeur ». Plus qu’un enjeu de renouvellement, Christian Morel dessine un tableau plus vaste : « Beaucoup de nos territoires dépendent de l’économie agricole et de ces populations pour lesquelles il faut créer un environnement susceptible de les accueillir ».

Trouver de nouveaux marchés
La convention entre la Région et la chambre régionale d’agriculture vise aussi à encourager les exploitants à chercher de nouveaux segments de marché, notamment en transformant localement les produits. Il a ainsi fermement défendu l’engraissement renforcé avec 10 000 jeunes bovins de plus en région ou encore un plan pour rendre les abattoirs plus compétitifs.
Concernant les céréaliers, l’élu encourage à se démarquer face à la concurrence de l’Europe de l’Est. « Nous travaillons avec les coopératives pour aider, par exemple, à la production de farine que nous faisons actuellement principalement en Allemagne. » Convaincu que des segments plus rémunérateurs existent, il insiste aussi sur le rôle essentiel des consommateurs qui doivent jouer le jeu du Made in France.

Nadège Hubert