Agriculture - Annie Genevard annonce un plan de plus d’un milliard d’euros après la sécheresse et les canicules

Agriculture - Annie Genevard annonce un plan de plus d’un milliard d’euros après la sécheresse et les canicules

Face aux conséquences d’un été marqué par une sécheresse historique et des épisodes de fortes chaleurs, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé ce vendredi 4 septembre un plan de soutien de plus d’un milliard d’euros destiné aux exploitations agricoles les plus touchées. L’objectif affiché : soutenir les trésoreries, éviter les faillites et permettre la relance de la production.

« Ce que nous mettons sur la table est considérable, c’est un gros effort que fait l’Etat », a déclaré Annie Genevard lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi matin. La ministre estime que l’Etat doit être « au chevet de nos agriculteurs » et a appelé les préfets de région et de département à être des interlocuteurs de proximité pour accompagner les exploitants.
Le gouvernement prévoit au total plus d’un milliard d’euros d’“argent nouveau” pour répondre à la crise agricole. Selon Annie Genevard, entre 30 000 et 35 000 exploitations sont aujourd’hui en situation de fragilité ou pourraient le devenir.

520 millions d’euros pour indemniser les pertes
Une partie importante du dispositif repose sur l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), principal mécanisme de l’Etat pour compenser les pertes de récoltes provoquées par des aléas climatiques exceptionnels.
Le gouvernement estime les besoins à 520 millions d’euros. Trois secteurs ont particulièrement souffert cet été, selon la ministre : « le maraîchage, les cultures de printemps et le fourrage, l’élevage ».
Pour accélérer les versements, les procédures de l’ISN doivent être simplifiées. Le plafond des acomptes versés aux exploitants par les assureurs sera également relevé, passant de 70 % à 80 %.

Un dispositif spécifique pour les pertes non assurables
En complément de l’ISN, le régime des calamités agricoles doit permettre de prendre en charge certaines pertes de fonds qui ne peuvent pas être assurées, notamment celles concernant les plantations pérennes et les vignes.
Cette mesure s’inscrit dans le plan baptisé « CASI » pour Climat, adaptation, sécheresse, incendies. Les exploitations pourront également bénéficier d’un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties lorsqu’elles ont été particulièrement durement touchées.

Un « fonds de réarmement agricole » confié aux préfets
Le gouvernement annonce par ailleurs la création d’un « fonds de réarmement agricole », placé sous la responsabilité des préfets. Il doit notamment permettre de financer l’achat de fourrages et de semences et de répondre à certaines pertes liées aux incendies.
L’exécutif prévoit également de renforcer la prise en charge des cotisations sociales par la Mutualité sociale agricole (MSA) afin de soutenir les exploitants confrontés à des difficultés financières.
Autre volet annoncé : le maintien et la prolongation des aides à l’achat d’engrais et de gazole non routier, ainsi que des dérogations ciblées aux règles de la politique agricole commune (PAC) lorsque les conditions climatiques l’exigent.

Un accompagnement psychologique renforcé
Le plan comporte aussi un volet consacré à l’accompagnement des agriculteurs fragilisés. Le gouvernement annonce un renforcement de l’accompagnement social, psychologique et sanitaire, alors que la crise climatique pèse directement sur les conditions économiques et les perspectives de nombreuses exploitations.
Pour Annie Genevard, l’enjeu dépasse le seul soutien financier à court terme. « C’est toute la France qui doit se mettre au chevet des agriculteurs », a-t-elle déclaré depuis la Foire de Châlons-en-Champagne.
La ministre a appelé à la mobilisation de l’ensemble des acteurs, citant notamment les assureurs, les collectivités, la grande distribution et les consommateurs, invités à privilégier l’achat de produits français.

Des syndicats agricoles déjà critiques
Les annonces gouvernementales ont toutefois été accueillies avec réserve par plusieurs organisations agricoles. La Confédération paysanne dénonce un « véritable scandale » et estime que le montant de 1,2 milliard d’euros annoncé au total reste insuffisant face à l’ampleur de la crise. Le syndicat critique notamment le maintien des seuils de déclenchement de l’indemnisation de solidarité nationale et estime que le fonds de réarmement ne répond pas suffisamment aux enjeux d’adaptation de l’agriculture au changement climatique.
Les Jeunes agriculteurs parlent, eux, d’un « premier geste qui reste insuffisant » au regard des conséquences de la sécheresse et des pertes enregistrées dans les différentes filières.
Du côté de la FNSEA, le secrétaire général Hervé Lapie appelle à mobiliser plusieurs leviers, de l’Etat aux banques et aux assurances, en passant par la grande distribution et les consommateurs.
Le plan gouvernemental entend ainsi répondre à l’urgence économique provoquée par les aléas climatiques de cet été, tout en permettant aux exploitations de poursuivre leur activité et de préserver le potentiel de production agricole français.