BEAUNE

Beaune - Le futur hôpital prend forme : plongée au cœur d’un chantier à 86 millions d’euros

Beaune - Le futur hôpital prend forme : plongée au cœur d’un chantier à 86 millions d’euros
© Roz'Médias by Rozenn KREBEL

Avec ses deux nouveaux bâtiments édifiés, le futur hôpital se dessine désormais très concrètement sur le site des Hospices. Alors que l’ambulatoire doit être livré en juin 2027 et le bâtiment d’hébergement en octobre 2027, le chantier de 15 000 m² et 86 millions d’euros reste à ce jour dans les délais et le budget prévus.

Les grues dominent le site de l'hôpital Philippe Le Bon, tandis que les deux nouveaux bâtiments prennent progressivement leur allure définitive. Sur le site des Hospices Civils de Beaune, il suffit désormais de regarder autour de soi pour mesurer le chemin parcouru. Désormais hors d’eau et hors d’air pour le bâtiment d’hébergement, avec des façades qui se parent peu à peu de teintes rappelant les célèbres toits vernissés de l’Hôtel-Dieu, le chantier fourmille d’ouvriers et de corps de métiers. À l’intérieur, les cloisons se dessinent, les réseaux techniques prennent place et les premiers espaces commencent à se matérialiser. À quelques mois des premières livraisons, le futur hôpital se lit déjà dans ses volumes et son organisation. Guillaume Koch, directeur des Hospices Civils de Beaune, fait le point sur l’avancée des travaux, les échéances à venir et les nombreux défis liés à la transformation de l’établissement.

© Roz'Médias by Rozenn KREBEL

« Ça avance bien », résume-t-il. Une satisfaction d’autant plus importante que le calendrier reste, à ce stade, tenu. Le projet repose sur deux bâtiments distincts : un bâtiment d’hospitalisation, appelé bâtiment d’hébergement, et un bâtiment ambulatoire.
 
L’ambulatoire livré en juin 2027
« Paradoxalement, même si le bâtiment ambulatoire a été commencé plus tard, c’est le premier qui va être livré », explique Guillaume Koch. Sa livraison est programmée pour juin 2027. À l’intérieur, le rez-de-chaussée est déjà particulièrement avancé : les fenêtres sont posées et le cloisonnement intérieur réalisé. Les lots techniques sont actuellement en cours. Au premier étage, les fenêtres et les cloisons sont en cours d’installation, tandis que les autres niveaux suivent progressivement. Le bâtiment accueillera notamment les activités de médecine ambulatoire ainsi que les soins intensifs. « Pour l’instant, on est dans les temps. »
Une échéance qui devra néanmoins être suivie de près puisque la livraison d’un bâtiment hospitalier ne constitue pas la dernière étape. Il faudra ensuite organiser les transferts de services, installer les équipements et permettre aux équipes de prendre possession des nouveaux locaux.


Le bâtiment d’hébergement se ferme progressivement
À quelques mètres, le bâtiment d’hébergement, plus imposant, avance lui aussi à bon rythme. Il est désormais hors d’eau et hors d’air. Les façades est et ouest sont réalisées à environ 90 %. Les façades nord et sud doivent, elles, être achevées au cours du dernier trimestre 2026. À l’intérieur, les différents niveaux évoluent à des rythmes différents. Au rez-de-chaussée, le chantier est déjà en phase de peinture. Au premier étage, les cloisons sont posées et les lots techniques ainsi que les premières peintures sont en cours. Aux deuxième et troisième étages, le cloisonnement est terminé et les équipes travaillent principalement sur les lots techniques. La livraison et la réception de ce bâtiment sont prévues en octobre 2027. « Nous sommes également dans les temps », confirme le directeur.
 
Un chantier qui doit rester dans son calendrier
Pour un projet hospitalier de cette ampleur, chaque modification peut rapidement avoir des conséquences sur le calendrier et les finances. C’est pourquoi les changements sont limités et doivent être justifiés. « Les modifications, c’est le pire », reconnaît Guillaume Koch. Une évolution a néanmoins été décidée en cours de projet concernant la médecine ambulatoire. Face au développement de cette activité, les capacités initialement prévues apparaissaient insuffisantes. « Ça se développe tellement qu’on s’est dit : on n’a pas assez de lits. Il faut qu’on trouve une solution. » La modification a été décidée suffisamment en amont pour limiter son impact financier et organisationnel. Car même lorsqu’un bâtiment n’est pas encore construit, modifier un projet implique de reprendre les plans, les réseaux et les études. Pour le directeur, cette vigilance est indispensable pour préserver les deux lignes directrices du chantier : tenir le calendrier et respecter le budget.
 
Préparer dès maintenant le déménagement
Si les bâtiments doivent être livrés en 2027, le véritable changement pour les professionnels et les patients interviendra avec les déménagements et la nouvelle organisation des services. Les Hospices ont donc commencé à préparer cette étape. Un assistant à maîtrise d’ouvrage spécialisé dans la réorganisation accompagne actuellement l’établissement. « L’idée, c’est qu’on me présente un plan certainement sur mars-avril 2027. Mais c’est là où il va falloir qu’on cale toutes les opérations. »
L’objectif est notamment d’éviter toute rupture dans la chaîne de soins. Certaines opérations pourront être réalisées au fur et à mesure des transferts. Les soins intensifs, par exemple, ont déjà été déplacés dans des locaux provisoires après la démolition de leur ancien espace. D’autres services administratifs ou techniques occupent également temporairement des structures installées sur le site. La proximité des différents bâtiments doit faciliter le processus.
Une partie des équipements sera par ailleurs renouvelée. Certains matériels, comme les lits et les adaptables, ont déjà été achetés afin d’améliorer les conditions d’accueil avant même l’installation dans les nouveaux bâtiments.
 

Futures chambres individuelle et doublable (couleurs appelées à changer) © Roz'Médias by Rozenn KREBEL 

Des chambres témoins pour tester les futurs espaces
Autre étape de préparation : les chambres témoins réalisées dans les nouveaux bâtiments.
Elles permettent aux représentants des différentes équipes, aux organisations syndicales et aux représentants du personnel de découvrir concrètement les futurs espaces et de faire remonter leurs observations alors qu’il est encore possible d'effectuer certains ajustements.  Une chambre simple et une salle de soins ont notamment été aménagées à titre de référence. Certains ajustements relèvent aussi de détails qui n’apparaissent pas nécessairement au premier regard. Le bureau de contrôle a par exemple demandé une modification concernant les contrastes de couleurs autour des portes, afin de répondre aux exigences d’accessibilité pour les personnes malvoyantes.
 
Un nouvel accueil dès la fin de l’année
La transformation concerne également les espaces existants. Dans le hall d’entrée actuel, les travaux vont modifier la répartition des fonctions. L’accueil du public sera déplacé face à l’entrée, à la place de la boutique actuelle. Le PC sécurité sera installé dans ce secteur, tandis que la boutique prendra place sur la partie droite. La boutique doit ouvrir en octobre 2026 et le déplacement de l’accueil du public est prévu entre octobre et décembre.
À terme, la circulation vers le nouveau bâtiment d’hébergement sera également repensée, dans la perspective de la disparition du bâtiment bleu.

Le bâtiment bleu, symbole d’une autre époque
Ce bâtiment bleu, bien connu des Beaunois, appartient désormais à l’histoire de l’établissement. Ouvert en 1971, il avait pourtant été considéré à l’époque comme un établissement hospitalier particulièrement moderne. « Il était précurseur en 1971 à son ouverture », rappelle Guillaume Koch. Mais plus de cinquante ans plus tard, ses locaux ne correspondent plus aux exigences actuelles en matière d’accueil des patients et de conditions de travail. Le nouveau bâtiment doit permettre aux Hospices d’abandonner progressivement cette infrastructure devenue obsolète.
Sa démolition est prévue après le transfert des services, une fois les travaux et les opérations de réorganisation achevés. L’horizon se situe autour de 2029-2030 pour cette phase, même si Guillaume Koch souhaite encore réexaminer précisément l’utilisation du site. L’évolution des activités de l’établissement conduit déjà à s’interroger sur les besoins futurs. L’hospitalisation à domicile (HAD), notamment, s’est fortement développée.
« Ça marche très bien et c’est une demande de l’ARS », explique Guillaume Koch. Cette activité nécessite toutefois des bureaux et des espaces administratifs. Or les surfaces prévues initialement dans le nouveau projet ne répondent plus totalement aux besoins.
Une réflexion est donc engagée sur le devenir de certains bâtiments existants. L’idée pourrait être de conserver une partie d’un bâtiment, après désamiantage et mise en sécurité, plutôt que de tout démolir. Mais rien n’est encore arrêté. « C’est le début », précise le directeur.
 
Le chantier des urgences se poursuit
Parallèlement au projet principal, les urgences ont fait l’objet de plusieurs phases de travaux. Une dernière phase doit encore intervenir au dernier trimestre 2027. Le chantier a notamment permis de rapprocher la maison médicale de garde, désormais installée dans les locaux des Hospices, à proximité immédiate des urgences. Pour Guillaume Koch, cette organisation illustre aussi le travail mené avec la médecine de ville.

La nouvelle façade faisant écho aux tuiles vernissées de l'Hôtel-Dieu © Roz'Médias

La question du stationnement et du futur dépose-minute
La transformation du site pose aussi des questions très concrètes pour les usagers. Parmi elles, celle de l'accès à l'hôpital. Le directeur se montre régulièrement confronté aux remarques concernant le manque de places de stationnement. Selon lui, les capacités existantes permettent de trouver des places à condition d'accepter de marcher quelques dizaines de mètres. En revanche, un besoin lui paraît clairement identifié : « Ce qui manque vraiment, c’est un dépose-minute ».
L’idée serait de permettre à un proche d’accompagner facilement une personne âgée ou ayant des difficultés à se déplacer jusqu’à l’entrée, avant de repartir stationner plus loin.
Une réflexion qui pourrait s’inscrire dans les futurs aménagements du site.
 
86 millions d’euros pour transformer l’hôpital
Derrière ce chantier se trouve un investissement majeur pour les Hospices Civils de Beaune. Le coût global de l’opération est aujourd’hui évalué à 86 millions d’euros, toutes dépenses confondues, en intégrant notamment la TVA et les révisions de prix. L’État participe au financement à hauteur de 12 millions d’euros. « Et le reste, c’est fonds propres et endettement », résume Guillaume Koch.
La situation financière relativement saine des Hospices permet à l’établissement de recourir à l’emprunt tout en conservant des capacités d’investissement. Mais le financement repose aussi sur une particularité qui fait depuis longtemps l’identité des Hospices de Beaune : la vigne et la Vente des Vins. « Sans l’argent de la vente des vins, nous ne pourrions pas construire ce bâtiment. » Le directeur insiste sur ce lien entre patrimoine viticole et modernisation hospitalière. « Le produit des Ventes de vins est pour ce nouveau bâtiment et plus globalement nos investissements, pour améliorer la prise en charge des patients, mais également les conditions de travail des personnels. »
 
Un hôpital pour un territoire de 110 000 habitants
Les Hospices Civils de Beaune ne répondent pas uniquement aux besoins de la population de Beaune. L’établissement travaille à l’échelle d’un territoire d’environ 110 000 habitants, avec également les hôpitaux de Nuits-Saint-Georges, Arnay-le-Duc et Seurre. L'ensemble représente environ 1 000 lits et places. Les Hospices Civils de Beaune sont également l’établissement support du Groupement hospitalier de territoire Sud Côte-d’Or. « Nous y sommes particulièrement attachés », souligne Guillaume Koch, alors que le paysage hospitalier évolue encore avec les réformes engagées autour des groupements hospitaliers de territoire.
Le futur bâtiment doit donc répondre à une ambition qui dépasse le seul chantier immobilier : adapter l’offre de soins aux besoins d’un bassin de population et améliorer les conditions de travail des professionnels.

Jeannette Monarchi