CÔTE D'OR

Sénatoriales en Côte-d’Or - Le Rassemblement National mise sur la ruralité pour créer la surprise

Sénatoriales en Côte-d’Or - Le Rassemblement National mise sur la ruralité pour créer la surprise
De gauche à droite : René Lioret, député, Mélanie Fortier, conseillère municipale dijonnaise et conseillère régionale, Tatiana Guyenot, tête de liste, Antoine de Loisy, exploitant forestier et agriculteur, et Matthieu Tillier, professeur d’histoire-géographie et conseiller municipal de Beaune ©Rassemblement National de Côte-d'Or

À moins de trois semaines des élections sénatoriales du 27 septembre, le Rassemblement national a présenté mardi à Chenôve sa liste conduite par Tatiana Guyenot. Entourée d’élus et de représentants du monde rural, la candidate a placé la défense des communes, de l’agriculture et des services publics de proximité au cœur de son projet, tout en espérant convertir sa dynamique électorale récente en suffrages de grands électeurs.

À Chenôve, le Rassemblement national a officiellement lancé sa campagne sénatoriale en Côte-d’Or. La liste, déposée mardi soir en préfecture, est conduite par Tatiana Guyenot. Elle rassemble Antoine de Loisy, agriculteur et exploitant forestier, Mélanie Fortier, conseillère régionale, ainsi que deux suppléants : Matthieu Tillier, professeur et conseiller municipal de Beaune, et Clotilde Gosselin, infirmière à Thil-Châtel. Une équipe que la candidate présente comme « ancrée dans le terrain » et représentative des réalités rurales du département. « Des professionnels qui peuvent emmener leur expertise de terrain pour faire avancer les choses. » 


La candidate, éleveuse installée à Semur-en-Auxois, s’est fait connaître lors des élections législatives de 2024 dans la deuxième circonscription de Côte-d’Or. Arrivée en tête au premier tour avec plus de 34 % des suffrages, elle avait finalement été battue au second tour par Catherine Hervieu (Les Écologistes). Depuis trois mois, elle dit avoir multiplié les rencontres avec les maires et les grands électeurs du département. « Je reçois un très bon accueil. Pour un scrutin où il est difficile de prédire le score, l’accueil est pourtant très bon. » Une perception qu’elle estime retrouver sur l’ensemble du territoire. « On sent qu’il y a un réel frémissement et un engouement pour le Rassemblement national. »
 
La ruralité comme fil conducteur
La défense de la ruralité constitue le cœur du programme présenté sous le slogan « Au service des communes pour défendre la Côte-d’Or ». La tête de liste revendique une logique de « démétropolisation », avec l’idée de rééquilibrer les politiques publiques entre les grandes agglomérations et les petites communes. « Nous voulons arrêter de concentrer toujours plus de moyens autour des grandes villes au détriment des petites communes. » Le programme s’articule autour de quatre grands axes.
Le premier concerne la défense des communes. Le RN dénonce la diminution des ressources financières des collectivités et la complexité croissante des dossiers de subvention. « Les communes doivent pouvoir agir par elles-mêmes. » La candidate pointe également les contraintes liées au zéro artificialisation nette (ZAN), estimant que certaines communes rurales doivent pouvoir continuer à construire pour accueillir de nouvelles familles et maintenir leurs écoles.
 
Agriculture et souveraineté alimentaire
Deuxième pilier du programme : l’agriculture. Aux côtés d’Antoine de Loisy, exploitant agricole, Tatiana Guyenot a rappelé l’importance du secteur pour l’économie départementale. « Les agriculteurs font vivre notre territoire, ils le façonnent et le soutiennent. » Elle s’inquiète des difficultés de renouvellement des générations et de la disparition progressive des exploitations. « Nous avons besoin de retrouver une agriculture forte pour notre souveraineté alimentaire. » La liste défend également les projets liés à l’irrigation, aux réserves d’eau et aux équipements agricoles jugés nécessaires à la pérennité des exploitations.
 
Défendre les services publics de proximité
Troisième axe : le maintien des services publics dans les territoires ruraux. Le RN plaide pour le maintien des écoles, des hôpitaux et des services de secours de proximité. « Il faut arrêter d’avoir une vision comptable des services publics. » Tatiana Guyenot a notamment évoqué les difficultés rencontrées par les centres de secours ruraux reposant largement sur l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires. « Le secours repose sur les pompiers volontaires. Il est important de garder et de développer ce service de proximité. » Même logique concernant la santé. « Le choix d’habiter dans une région rurale ne doit pas pénaliser les habitants dans l’accès aux soins. »
 
Patrimoine, forêts et énergies renouvelables
Le quatrième volet du programme porte sur le cadre de vie. La candidate a défendu la préservation du patrimoine local, des lavoirs aux monuments aux morts, en passant par les églises communales. « C’est un devoir de mémoire et de transmission aux jeunes générations. » Elle s’est également montrée critique vis-à-vis de certains projets d’énergies renouvelables. « Les panneaux photovoltaïques doivent être installés sur les friches plutôt que dans les espaces naturels. »
Concernant les forêts, qui représentent près de la moitié de la superficie du département, elle appelle à travailler davantage avec les exploitants forestiers, les chasseurs et les acteurs locaux afin d’améliorer l’entretien des massifs et la prévention des incendies.
 
« Une bonne surprise » ?
Présent aux côtés de la candidate, le député RN de la cinquième circonscription de Côte-d’Or et délégué départemental du parti, René Lioret, a expliqué son choix de ne pas figurer sur la liste. « J’aurais pu mener cette liste, mais cela aurait été mal compris. Je me réserve pour la députation de 2027. » Pour lui, la présence du RN aux sénatoriales relève d’abord d’une logique de continuité. « C’est une tradition pour notre mouvement d’être présent à toutes les élections. » Le député met également en avant les résultats récents du parti dans le département. « Notre mouvement est arrivé largement en tête lors des élections européennes et législatives. » Selon lui, le contexte pourrait réserver quelques surprises. « Beaucoup d’élus nous disent : vous allez avoir une bonne surprise. »
Même si le scrutin reste très particulier, réservé aux grands électeurs, le RN espère améliorer nettement son score de 2020, lorsqu’il n’avait recueilli que 38 voix sur 1 625 suffrages exprimés.
Au-delà du résultat départemental, le parti affiche également une ambition nationale : contribuer à la constitution d’un groupe RN au Sénat afin de bénéficier d’une visibilité accrue, de davantage de temps de parole et de moyens parlementaires supplémentaires.
Reste désormais à convaincre les grands électeurs, seuls appelés à voter le 27 septembre prochain.

Jeannette Monarchi

Photos ©Rassemblement National de Côte-d'Or