Communauté d'Agglomération Beaune Côte et Sud

Beaune Côte & Sud - 2,4 millions d’euros pour transformer les déchets d’assainissement en ressources utiles à Combertault

Beaune Côte & Sud - 2,4 millions d’euros pour transformer les déchets d’assainissement en ressources utiles à Combertault
Beaune Côte & Sud - 2,4 millions d’euros pour transformer les déchets d’assainissement en ressources utiles à Combertault
Beaune Côte & Sud - 2,4 millions d’euros pour transformer les déchets d’assainissement en ressources utiles à Combertault
Beaune Côte & Sud - 2,4 millions d’euros pour transformer les déchets d’assainissement en ressources utiles à Combertault

La station d'épuration Monge, à Combertault, ne se contente plus de traiter les eaux usées. Une nouvelle unité permet désormais de trier et de valoriser les déchets issus du nettoyage des canalisations, des fosses septiques ou encore des bacs à graisses. Inauguré ce mercredi 4 novembre par la Communauté d'agglomération Beaune Côte & Sud et Veolia, cet équipement représente un investissement de près de 2,4 millions d'euros et doit permettre de produire du gaz vert et de réutiliser localement du sable.

Du sable, des graviers, des graisses, mais aussi des lingettes, des plastiques et toutes sortes de déchets que l'on préférerait ne jamais retrouver dans les canalisations. Chaque année, les opérations d'entretien des réseaux d'assainissement génèrent d'importantes quantités de résidus qu'il faut collecter et traiter. Jusqu'à présent, à la station d'épuration Monge de Combertault, construite en 1995, ces matières étaient essentiellement dirigées vers une même filière de traitement ou évacuées vers des sites de stockage, parfois situés à plusieurs dizaines de kilomètres.
C'est précisément ce que la Communauté d'agglomération Beaune Côte & Sud et Veolia ont souhaité changer avec la construction d'une unité de traitement des apports extérieurs, inaugurée ce mercredi, en présence notamment de Pierre Bolze, président de l'Agglomération, de Rémi Champaud, vice-président chargé de l'eau et de l'assainissement, de Didier Saint-Ève, maire de Combertault, et de Sandrine Azémard, directrice régionale de Veolia Centre-Est.
 
Trier plutôt que tout mélanger
Sur le papier, le principe est assez simple : récupérer les déchets collectés par les camions hydrocureurs lors du nettoyage des réseaux d’assainissement, mais aussi dans les fosses septiques, les bacs à graisses des restaurants et des métiers de bouche, puis trier ces différentes matières pour donner une seconde vie à celles qui peuvent être valorisées. Dans les faits, l'opération nécessite tout un ensemble d'équipements installés dans un nouveau bâtiment : fosses de réception, dégrillage, broyage, tamisage, lavage des sables et dispositifs de stockage.
Lors de la visite, Alexandre Minchin, directeur opérationnel Sud Côte d'Or chez Veolia, et Augustin Lauferon, responsable d'exploitation, ont détaillé le fonctionnement de cette installation.
 
Trois grandes catégories de matières y sont prises en charge.
D'abord, les matières de vidange, provenant notamment des fosses septiques et de l'assainissement non collectif. Après un premier traitement destiné à retirer les déchets indésirables, la partie liquide rejoint la filière habituelle de la station d'épuration.
Viennent ensuite les résidus de curage des canalisations. Chaque année, une cinquantaine de kilomètres de réseaux sont nettoyés sur le territoire de l'Agglomération. Les camions récupèrent alors un mélange de sable, de graviers, de boues et de déchets divers. La nouvelle unité permet de séparer ces éléments, puis de laver le sable pour le réutiliser.
Enfin, les graisses, notamment celles collectées dans les restaurants, les cantines ou les métiers de bouche, sont préparées et stockées avant leur transfert vers une filière de méthanisation.
 
300 tonnes de sable réutilisées et 600 tonnes de matières valorisées par an
C'est l'un des principaux intérêts de cette nouvelle installation : éviter d'envoyer systématiquement ces résidus en décharge. Les objectifs annoncés sont de 300 tonnes de sable lavé par an, qui pourront notamment servir de remblai sur des chantiers de travaux publics, et de 600 tonnes de matières organiques, destinées à alimenter une unité de méthanisation située à proximité. Cette dernière valorisation permet de produire du biogaz à partir de matières organiques en décomposition. Les résidus issus de certains prétraitements des domaines viticoles pourraient également rejoindre cette filière.
Le sable, lui, pourra notamment être réutilisé lors de la pose de nouvelles canalisations, où il sert à stabiliser les conduites. Auparavant, une partie de ces matériaux était transportée vers un site de stockage situé près d'Auxonne.
La question de la qualité des sables recyclés a d'ailleurs été soulevée pendant la visite. Les responsables techniques ont expliqué que le lavage permettait d'éliminer la matière organique résiduelle et que des analyses régulières étaient prévues pour contrôler le fonctionnement de l'installation. « Aujourd'hui, nous faisons un autre choix : celui de considérer que ce qui était hier un déchet peut devenir demain une ressource », a résumé Pierre Bolze lors de son intervention.
 
Un chantier de quinze mois, compliqué par la présence de la nappe phréatique
Le projet, proposé par Veolia dans le cadre de la délégation de service public conclue avec l'Agglomération en 2025 jusqu'en 2030, a nécessité quinze mois de travaux. Le chantier n'a pas été simple, notamment en raison de la proximité de la nappe phréatique, qui a imposé des précautions particulières lors des terrassements et de la réalisation des fondations.
Le bâtiment, entré en service en septembre 2026, est encore en phase de montée en régime. Son fonctionnement a également été pensé pour limiter les nuisances : l'air est extrait et traité sur des filtres à charbon actif afin de réduire les odeurs.
Autre particularité, l'unité utilise principalement de l'eau déjà traitée par la station pour laver les matériaux et faire fonctionner ses équipements. Un moyen de limiter le recours à l'eau potable.
L'investissement, annoncé à près de 2,4 millions d'euros, s'inscrit dans le contrat de délégation de service public liant Beaune Côte & Sud à Veolia. « Transformer des déchets d'assainissement en ressources utiles et en énergie locale est un défi que nous sommes fiers de relever aux côtés de l'agglomération », a souligné Guillaume Frangville, directeur du territoire Terres de Bourgogne chez Veolia.


 
Trois nouvelles vannes pour limiter les débordements lors des fortes pluies
L'inauguration a également permis de présenter un autre investissement, moins visible mais important pour le fonctionnement de la station : l'installation de trois vannes de régulation sur le réseau d'assainissement. Lors de fortes précipitations, les volumes d'eau arrivant à la station peuvent dépasser sa capacité de traitement. Ces nouvelles vannes mécaniques permettent de ralentir temporairement les arrivées et d'utiliser les canalisations existantes comme espace de stockage.
Selon les explications fournies lors de la visite, ce dispositif pourrait retenir environ 800 m³ d'eau, limitant ainsi les risques de débordement vers le milieu naturel, sans avoir à construire un nouveau bassin de rétention. Les vannes, installées récemment, doivent encore faire l'objet de réglages et de contrôles.
 
Une autre façon de gérer les ressources du territoire
Au-delà de l'aspect technique, ce nouvel équipement répond à plusieurs enjeux : réduire les transports de déchets, limiter leur enfouissement, produire une énergie renouvelable et réutiliser des matériaux sur les chantiers locaux. Il s'inscrit également dans les orientations du Plan Climat Air Énergie Territorial de Beaune Côte & Sud.
Pour Pierre Bolze, cet investissement rappelle aussi l'importance d'un service public souvent oublié du quotidien. « L'eau et l'assainissement font partie de ces services publics essentiels auxquels nous ne pensons pas toujours, précisément parce qu'ils fonctionnent », a-t-il rappelé, évoquant également les épisodes de sécheresse de l'été 2026.
La nouvelle unité ne remplace pas le rôle premier de la station Monge, dimensionnée pour traiter les eaux usées d'une population équivalente à 90 000 habitants. Elle vient compléter son activité en prenant en charge des matières extérieures qui, jusqu'à présent, étaient plus difficilement valorisées.
Un équipement discret, mais qui devrait permettre à l'Agglomération de mieux gérer une partie des déchets produits chaque jour par ses réseaux d'assainissement.

Jeannette Monarchi