ECONOMIE
Symone, en voiture sans conduire !
Par Nadège Hubert
Publié le 03 Novembre 2024 à 09h00
Imaginez que vous puissiez rejoindre votre destination avec votre voiture sans subir la fatigue des kilomètres… La startup dijonnaise Symone transforme peu à peu cette idée en réalité.
En rentrant d’un congrès dans le sud de la France, un peu fatigués, Romain Coispine et Yoann Lacombe ont, comme ils le disent eux-mêmes, « refait le monde en voiture dans les bouchons ! ». Dans leurs discussions au fil des kilomètres est née l’idée d’un moyen de transport qui les ramènerait eux et leur voiture à bon port pendant qu’ils se reposeraient ou travailleraient. Il n’en fallait pas plus pour qu’ils creusent le concept, posant les bases de Symone. « Nous avons ensuite rejoint l’incubateur Deca BFC et l’étude de marché a été un déclencheur » explique Romain Coispine. « Ça nous a montré que l’intérêt pour notre idée de remettre l’autotrain au goût du jour dépassait notre réseau. »
Le principe de Symone, créée officiellement en février 2021, consiste à mettre des motos et des voitures sur un autocar pendant que les passagers profiteraient du paysage confortablement installés à l’intérieur du bus. Une première levée de fonds de 400 000 euros, réalisée auprès de la Région, BPI et de business angels, a permis à la jeune pousse de travailler sur la dimension réglementaire, technique et environnementale. En parallèle, Symone a lancé la preuve de son concept avec une solution intermédiaire dédiée aux motos.

La moto avant la voiture
« En un an, nous avons transporté environ 600 motos et certains ont déjà bloqué des trajets pour 2025 ! » se réjouit Romain Coispine. Symone a contribué à économiser 10 tonnes de CO2 grâce à son minibus équipé d’une remorque pour mettre jusqu’à six motos. Les amoureux de deux roues ont ainsi pu rejoindre leur lieu de villégiature à plusieurs centaines de kilomètres sans se faire mouiller, sans la fatigue et en rentabilisant ce temps de trajet : « Certains ont posé une journée en télétravail pour être en activité pendant le trajet, d’autres ont fait des jeux de carte, dormi ou discuté ». Autre avantage du trajet proposé par Symone, il s’avère plus économique. Quand le coût d’un Paris-Marseille en moto revient à 340 euros en incluant le prix de l’essence, du péage et les autres frais induits, avec Symone, les motards déboursent 250 euros. « Il y a un supplément pour un autre passager. »

En route vers une réalité
Forte de cette première expérience, la startup cherche désormais à lever de nouveaux fonds pour construire le prototype de son premier autocar. « Il fonctionnera au biogaz et pourra transporter six à huit véhicules, voiture ou moto. » A l’intérieur, Symone ambitionne un niveau de confort équivalent à une première classe en train. « Ce sera un bus articulé avec des compartiments et une cabine insonorisée pour s’isoler pour travailler ou passer un coup de fil. Nous l’avons également pensé pour qu’il soit accessible aux personnes à mobilité réduite. » Pour financer son projet, la startup a ouvert son capital au grand public qui peut investir à partir de 500 euros et profiter de 30 % de réduction d’impôt. 200 investisseurs ont déjà rejoint la communauté de Symone. De leur côté, les fonds d’investissement attendent ce premier véhicule pour s’engager.
Ce futur démonstrateur devrait transporter 16 personnes avant de monter à 20 personnes en phase d’industrialisation. Une étape à plus long terme que les deux fondateurs n’envisagent pas de mener ailleurs qu’en Bourgogne. « Nous sommes d’ici et c’est ici que l’on nous a soutenu ! Nous avons par exemple reçu une aide de France 2030 à l’échelle régionale. » D’ici là, Symone espère lancer la construction de son démonstrateur au premier semestre 2025 pour le mettre sur les routes en fin d’année 2025. En voiture Symone !
Nadège Hubert

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