Viticulture - La France s’oriente vers l’une des plus faibles récoltes des 30 dernières années

Viticulture - La France s’oriente vers l’une des plus faibles récoltes des 30 dernières années

Selon les estimations publiées par Agreste au 1er septembre, la production nationale atteindrait près de 34 millions d’hectolitres, en baisse de 6 % sur un an. Sécheresse, canicules et épisodes de grêle ont fortement affecté les rendements, avec des conséquences particulièrement marquées en Bourgogne où certaines parcelles de Pinot noir enregistrent des pertes supérieures à 50 %.

La récolte viticole française 2026 devrait atteindre près de 34 millions d’hectolitres, selon les estimations arrêtées au 1er septembre par le service statistique du ministère de l’Agriculture. Il s’agirait d’une baisse de 6 % par rapport à 2025 et de 17 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Pour les experts d’Agreste, cette diminution s’explique à la fois par la réduction des surfaces de vignobles en production et par des rendements fortement pénalisés par les conditions climatiques. Les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur de l’été ont provoqué localement échaudages, brûlures, défoliations et flétrissements des raisins, réduisant les volumes récoltés.
Les perspectives étaient pourtant favorables au printemps grâce à une bonne recharge en eau des sols, un développement satisfaisant des grappes et une faible pression des maladies. Mais les conditions chaudes et sèches de l’été ont progressivement dégradé ce potentiel.

Une Bourgogne particulièrement touchée
En Bourgogne et dans le Beaujolais, la combinaison de la grêle, de la sécheresse et des canicules a fortement réduit un potentiel de récolte initialement prometteur. Le Pinot noir est particulièrement affecté, avec des pertes dépassant parfois 50 %. Les vendanges, très précoces, ont confirmé des rendements historiquement bas. La production du bassin Bourgogne-Beaujolais est ainsi estimée à 1,43 million d’hectolitres, soit une baisse de 33 % par rapport à 2025 et à la moyenne quinquennale.

Des situations contrastées selon les régions
La Champagne figure parmi les régions les plus touchées, avec une récolte attendue en recul de près de moitié après plusieurs aléas climatiques.
À l’inverse, certains bassins limitent les dégâts. Le Bordelais devrait enregistrer une hausse de 10 % par rapport à la très faible récolte 2025 grâce à de meilleurs rendements, même si la production demeure inférieure à la moyenne des cinq dernières années.
Le Languedoc-Roussillon afficherait également une progression de 5 % sur un an, malgré d’importantes disparités liées notamment à l’accès à l’irrigation.

Une des plus faibles récoltes depuis trente ans
Au niveau national, les vins AOP seraient les plus touchés avec une baisse de 10 % sur un an et de 17 % par rapport à la moyenne 2021-2025. La production totale de vins est estimée à 33,9 millions d’hectolitres.
Selon Agreste, la récolte 2026 pourrait ainsi figurer parmi les plus faibles des trente dernières années, confirmant l’impact croissant des épisodes climatiques extrêmes sur la viticulture française.

Source : Agreste, septembre 2026, Service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
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