BEAUNE

Beaune - La Ville lance sa mutuelle communale « Ma Commune Ma Santé » pour lutter contre le renoncement aux soins

Beaune - La Ville lance sa mutuelle communale « Ma Commune Ma Santé » pour lutter contre le renoncement aux soins

Promesse de campagne de Pierre Bolze, la mutuelle communale devient réalité à Beaune. Le dispositif, sans coût pour la collectivité, vise à permettre aux habitants de bénéficier d’une couverture santé adaptée à leurs besoins et à leur budget. Une réunion publique est prévue le mardi 22 septembre.

Près de 3 millions de Français ne disposent pas de complémentaire santé, selon les données de la Drees. Une situation qui touche particulièrement les personnes aux revenus modestes, les demandeurs d’emploi, certains étudiants ou encore les retraités, et qui conduit souvent à renoncer à des soins pour des raisons financières. C’est pour répondre à cette problématique que la Ville de Beaune met en place la mutuelle communale « Ma Commune Ma Santé », en partenariat avec l’association ACTIOM.
Jeudi matin, le maire Pierre Bolze, entouré de Virginie Longin, adjointe en charge des affaires sociales, du logement et de la vie des familles, de Dominique Drot, conseillère municipale déléguée à l’accompagnement des seniors et au lien intergénérationnel, ainsi que de Sabri Aouidat, représentant d’ACTIOM en Côte-d’Or, a présenté le dispositif. « Notre engagement, c'était d'agir sur le pouvoir d'achat et contre le renoncement aux soins, a rappelé Pierre Bolze. L'objectif est de permettre aux habitants de notre ville de maîtriser leurs dépenses de santé et de ne pas se limiter dans l'accès aux soins pour des raisons financières. »
 
Un engagement de campagne devenu réalité
Adoptée lors du conseil municipal du 25 juin dernier, la mutuelle communale constitue l’un des engagements de campagne de la nouvelle majorité. Pour bâtir ce projet, la municipalité a étudié plusieurs solutions et rencontré différents acteurs du secteur avant de retenir ACTIOM, une association à but non lucratif créée en 2014 qui compte 10 000 assurés par an et est aujourd'hui présente dans près de 4 800 communes et trois départements. « Nous avons regardé de multiples possibilités. Nous avons finalement opté pour une solution différente avec ACTIOM. L'intérêt était de faire du sur-mesure, parce qu'en matière de complémentaire santé, il n'y a pas une seule situation », explique le maire.
 
Une solution adaptée à chaque habitant
Contrairement à certaines mutuelles communales reposant sur un contrat unique, le dispositif beaunois mise sur un accompagnement individualisé. « Selon votre âge, votre statut professionnel ou votre état de santé, les besoins ne sont pas les mêmes, souligne Pierre Bolze. L'intérêt du recours à ACTIOM, c'est justement de proposer une étude personnalisée qui permette d'orienter chacun vers le contrat le plus adapté à sa situation. »
Le dispositif s'adresse à l'ensemble des habitants, avec une attention particulière portée aux retraités, travailleurs indépendants, commerçants, artisans, professions libérales, étudiants ou demandeurs d'emploi. Aucune limite d'âge n'est fixée pour souscrire.  « Il n'y a aucune obligation de signature. L'objectif est d'abord d'étudier la situation de la personne et de voir si le dispositif présente un intérêt pour elle », insiste le maire.
 
Jusqu'à 20 % d'économies espérées
Pour Sabri Aouidat, représentant d'ACTIOM en Côte-d'Or, la force du dispositif repose sur la capacité de négociation acquise grâce aux dizaines de milliers d'assurés représentés au niveau national. « Quand on arrive chez un assureur avec plus de 30 000 personnes, on peut négocier les tarifs mais aussi les garanties », explique-t-il. Les rendez-vous débuteront systématiquement par une analyse approfondie des besoins. « On commence toujours par une prise de besoins. On discute avec la personne, on regarde sa situation, ses habitudes de santé, ses éventuels besoins en optique, en dentaire ou en audition. L'objectif est de construire quelque chose qui lui corresponde vraiment. »
Selon lui, les économies peuvent être significatives : « Sur certains profils, notamment chez les retraités, on peut parfois constater des écarts d'environ 20 % à garanties comparables ».
 
Un accompagnement de proximité
Autre particularité du dispositif : les permanences organisées à Beaune seront assurées localement par Sabri et Fabienne Aouidat. « Nous pouvons également nous déplacer pour les personnes qui ne peuvent pas venir jusqu'à nous. Il est important que personne ne soit laissé de côté », souligne le représentant d'ACTIOM.
Les rendez-vous, d'une durée moyenne de 45 minutes, permettront aux habitants de repartir avec une proposition détaillée, sans engagement immédiat. « Nous ne faisons jamais signer un contrat sur-le-champ. Les personnes repartent avec les documents, prennent le temps de réfléchir et nous recontactent ensuite si elles souhaitent aller plus loin », précise-t-il.
 
Une réunion publique le 22 septembre avant des permanences
La première réunion d'information ouverte aux habitants se tiendra le mardi 22 septembre à 18 h 30 à la Maison des Associations. Des permanences sur rendez-vous sont déjà programmées les 28 septembre et 12 octobre, avec la possibilité d'ajouter de nouvelles dates en fonction de la demande. Pour la Ville, cette initiative ne génère aucun coût direct. « Le coût pour la Ville de Beaune est très exactement de zéro euro, rappelle Pierre Bolze. Nous mettons simplement un local à disposition. Notre rôle est de faciliter l'accès au dispositif et de mettre les habitants en relation avec ACTIOM. »
 
Un futur groupement d'achat d'énergie annoncé
Profitant de cette présentation, le maire a également dévoilé un prochain chantier en faveur du pouvoir d'achat. « Vous aurez une autre annonce très importante au conseil municipal de novembre, a-t-il indiqué. Nous allons mettre en place un groupement d'achat d'énergie. Il faut mettre en œuvre ce que nous avons promis. »
Une nouvelle mesure qui viendrait compléter les actions engagées par la municipalité pour accompagner les habitants face à la hausse du coût de la vie.

Jeannette Monarchi