BOURGOGNE

Bourgogne-Franche-Comté - Face aux contraintes budgétaires, la Région défend son action

Bourgogne-Franche-Comté - Face aux contraintes budgétaires, la Région défend son action
© Région BFC

Après la parenthèse des municipales, la Région Bourgogne-Franche-Comté relance ses travaux ce mercredi et jeudi matin avec une session axée sur le pouvoir d’achat, l’agriculture et la formation, sur fond de tensions avec l’État.

Après une parenthèse liée aux élections municipales, le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a rouvert ses travaux à l’occasion de l’assemblée plénière de ce mercredi travaux qui se poursuivront jeudi matin.  En ouverture de séance, le président de Région, Jérôme Durain, a tenu à saluer la séquence démocratique récente : « J’adresse mes félicitations républicaines à tous les maires élus, municipaux et communautaires », a-t-il déclaré, évoquant un « temps de respiration démocratique ».
Le président a insisté sur la nécessité de reprendre le travail avec les territoires : « Nous avons besoin que la Région avance avec tous ceux que le suffrage a désignés pour exercer des responsabilités locales ». Dans cette dynamique, il a également réaffirmé son attachement au CESER Bourgogne-Franche-Comté, assurant qu’il « ne sera pas une variable d’ajustement budgétaire ».
 
Pouvoir d’achat et contraintes budgétaires : une ligne de crête
Dans un contexte international « très dégradé », Jérôme Durain a rappelé les impacts directs sur les habitants et les entreprises, notamment la hausse des coûts de l’énergie et de l’inflation. Face à cela, il a défendu le bilan régional : « Notre collectivité peut être fière de ce qu’elle fait déjà pour la vie quotidienne des Bourguignons-Francs-Comtois. Le pouvoir d’achat à la Région, c’est du matin au soir, du 1er janvier au 31 décembre ».
Parmi les mesures mises en avant : transports scolaires gratuits, soutien à la restauration et à l’hébergement des lycéens, aides aux boursiers, ticket mobilité pour les salariés dépendants de la voiture. Le président a également annoncé une demande adressée à la SNCF pour « sanctuariser le premier pallier de la tarification, soit les petites distances empruntées par ceux qui vont travailler, ce pallier n’augmentera pas ». Mais il a aussi dénoncé certaines propositions jugées « démagogiques, certains disent que la région peut aider face à la crise des carburants, mais la part de la région est d’un centime d’euro, je refuse de produire des politiques symboliques au détriment de celles qui changent vraiment la vie de ceux qui en ont le plus besoin ».
 
Relations avec l’État : tensions persistantes
Le président de Région a pointé un désengagement de l’État, notamment sur la formation professionnelle : « L’État se retire, sacrifie l’avenir et laisse la Région gérer. C’est d’autant plus incompréhensible que scandaleux ». Conséquence directe : une réduction de l’offre de formation avec près de 1700 places supprimées, malgré le maintien d’un volume significatif.
Même constat sur l’apprentissage, avec une perte de financements importante limitant les investissements futurs.
 
Agriculture et eau : des priorités structurantes
Parmi les dossiers majeurs de cette session figure la signature d’une convention avec la Chambre régionale d’agriculture, représentant un engagement de 150 millions d’euros sur 2026-2028. « L’agriculture est essentielle pour notre souveraineté », a insisté le président.
Autre enjeu central : la gestion de l’eau face au dérèglement climatique. La stratégie régionale s’articule autour de plusieurs axes : préservation des milieux aquatiques, amélioration de la ressource, végétalisation des zones urbaines et sensibilisation
 
Sécurité, économie et cybersécurité au programme
Le président a également évoqué plusieurs chantiers : lutte contre les cyberattaques avec une mission confiée à l’ARNIA, expérimentation sur les addictions dans 10 lycées, renforcement de la sécurité dans les TER avec la gendarmerie et la SNCF, accompagnement des entreprises dans un contexte économique incertain.

Les réactions des présidents de groupe

1

Jean-Marie Sermier : appel à la rigueur
Le président du groupe Rassemblement de la Droite, du Centre et des Écologistes Indépendants, Jean-Marie Sermier, a salué la mobilisation démocratique tout en appelant à une gestion plus réaliste : « Les rêves dispendieux n’ont plus leur place. Il faut prioriser les investissements et éviter d’hypothéquer l’avenir ». Il a également souligné les bons résultats de son courant politique dans les grandes villes, pointant dans ce paysage à droite « une anomalie régionale ».

2

Julien Odoul : une critique frontale
Le président du groupe RN, Julien Odoul, a dénoncé la gestion régionale : « Le Rassemblement national a considérablement progressé », affirmant une hausse importante du nombre d’élus municipaux. Très critique, il a qualifié la politique régionale de « bouclier en papier crépon », estimant qu’elle « fragilise » le territoire, et a appelé à davantage d’investissements dans la sécurité.

3

Denis Thuriot : défendre la démocratie locale
Le président du groupe des élus progressistes, Denis Thuriot, a insisté sur le rôle central des maires : « Ils sont le premier point d’entrée de nos concitoyens ». Il a appelé à rester mobilisés face aux extrêmes et à renforcer la coopération entre collectivités.

4

Claire Mallard : l’urgence écologique
Pour Claire Mallard, présidente du groupe écologiste, la priorité reste la transition énergétique : « Sortir des énergies fossiles est aujourd’hui un enjeu de protection sociale ». Elle a dénoncé le manque d’anticipation industrielle et plaidé pour un État plus stratège.

5

Muriel Ternant : critique de la politique nationale
Muriel Ternant, pour le groupe communiste, a pointé l’abstention, l’affaiblissement des collectivités, les choix budgétaires nationaux. Elle a dénoncé une « économie de guerre » et appelé à renforcer les moyens des régions.

6

Hicham Boujlilat : privilégier l’action concrète
Enfin, Hicham Boujlilat a insisté sur la responsabilité politique : « Gouverner, ce n’est pas chercher le buzz, mais agir concrètement ». Il a salué la stabilité issue des municipales et la convention agricole.

Une réponse cinglante du président
En conclusion, Jérôme Durain a répondu aux critiques, notamment à celles du RN :
« Vous me rappelez Michel Blanc dans Les Bronzés : “avec un malentendu, ça peut passer”. » Avant d’ajouter : « Je n’ai pas le sentiment que cette majorité soit désavouée. (…) Il faut qu’on s’en sorte ensemble ».

Jeannette Monarchi

Les délibérations de cette assemblée sont à suivre ce mercredi et jeudi matin sur la chaine Youtube de la Région

8