BEAUNE

Beaune - Aux Ares Cautains, Orvitis va reconstruire entièrement le quartier pour 9,5 millions d'euros

Beaune - Aux Ares Cautains, Orvitis va reconstruire entièrement le quartier pour 9,5 millions d'euros
Beaune - Aux Ares Cautains, Orvitis va reconstruire entièrement le quartier pour 9,5 millions d'euros
Beaune - Aux Ares Cautains, Orvitis va reconstruire entièrement le quartier pour 9,5 millions d'euros
Beaune - Aux Ares Cautains, Orvitis va reconstruire entièrement le quartier pour 9,5 millions d'euros

C'est l'un des projets de renouvellement urbain les plus importants présentés ce vendredi par Orvitis. Aux Ares Cautains, les huit bâtiments construits dans les années 1960 et leurs 52 logements vont progressivement disparaître pour laisser place à un quartier entièrement repensé. Logements plus petits, accessibilité, performance énergétique, végétalisation et disparition de la circulation automobile au cœur du site sont au programme. Montant de l'opération : 9,5 millions d'euros.

À Beaune, Vignoles et plus largement dans le sud de la Côte-d’Or, Orvitis multiplie les opérations de construction, de rénovation et de requalification. Le bailleur départemental intervient sur un large éventail de projets : logements locatifs, accession sociale à la propriété, résidences autonomie, renouvellement urbain, mais aussi conseil et ingénierie auprès des collectivités.
Une dynamique particulièrement visible dans l’agglomération beaunoise, où Orvitis compte aujourd’hui 1 552 logements, loge 3 166 personnes et dispose d’une présence dans dix communes. Avec son agence de proximité à Beaune et ses dix collaborateurs, l’organisme annonce 30 millions d’euros d’investissements engagés dans des opérations de construction, de rénovation, d’entretien ou d’aménagement.
Pour illustrer cette présence, une visite de plusieurs opérations organisée vendredi après-midi a permis de parcourir Beaune et Vignoles. Autour de Pierre Bolze, maire de Beaune, et François-Xavier Dugourd, président d’Orvitis, étaient notamment présents Christophe Berion, directeur général, Sandrine Boyer, directrice de l’aménagement et du développement immobilier, Stéphane Hot, responsable de l’agence de Beaune, ainsi que Virginie Longin, adjointe au maire de Beaune en charge des affaires sociales, du logement et de la vie des familles, Stéphane Dahlen, adjoint en charge de l’urbanisme et des travaux et Jean-Paul Roy, maire de Meursanges et administrateur d'Orvitis. 
 
Le logement : la problématique numéro un
Pour Pierre Bolze, le logement constitue désormais un enjeu directement lié à l’attractivité économique du territoire. « On a aujourd’hui la chance d’être sur un territoire à 4,4 % de chômage. C’est formidable », souligne le maire de Beaune, avant d'en pointer le revers : « Ça a aussi des incidences. C’est-à-dire qu’on a de plus en plus de mal à recruter ce que nos entreprises recrutent sur le territoire et la problématique logement c’est la problématique numéro un ».
L’enjeu est donc de proposer une offre suffisamment diversifiée pour répondre aux différents parcours résidentiels : logement social, logement intermédiaire, accession à la propriété ou encore habitat individuel. « Il faut faire une offre adaptée pour attirer la population, avoir une frange d’accession sociale à la propriété, du logement libre, intermédiaire, pour pouvoir toucher plus la classe moyenne », poursuit Pierre Bolze. Une stratégie que la Ville dit travailler avec Orvitis afin de rechercher « une bonne mixité et un impact fort sur la dynamique d’un territoire ».
Cette approche se retrouve dans les différents programmes visités ce vendredi, avec environ 140 logements concernés par les opérations présentées.
 
Une nouvelle dynamique pour Orvitis à Beaune
Pour François-Xavier Dugourd, la présence d’Orvitis à Beaune s’inscrit dans une histoire déjà ancienne, mais connaît aujourd’hui une nouvelle impulsion. « Notre ADN, c’est vraiment le lien avec les communes pour lesquelles on est à disposition à travers une gamme large aujourd’hui d’intervention en matière d’habitat au service de leur stratégie de développement », explique le président d’Orvitis.
L’organisme entend prendre toute sa part dans les projets engagés par la municipalité. « Beaune et son agglomération est depuis très longtemps un site important pour nous parce qu'il représente 10 % de notre patrimoine », rappelle François-Xavier Dugourd. Et après une période où « certaines opérations avaient du mal un petit peu à avancer », le président estime qu’« aujourd’hui incontestablement, il y a une nouvelle dynamique ».
Une dynamique qui ne se limite pas à la construction de logements. « Orvitis, ce n’est pas que du logement individuel ni du logement collectif, c’est aussi de l’accession, c’est aussi des établissements pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées. On peut travailler pour les associations du territoire et également au niveau des bâtiments publics », détaille-t-il.

L’exemple d’un renouvellement urbain
pensé sur le long terme aux Ares Cautains

C'est l'un des projets de renouvellement urbain les plus importants présentés ce vendredi par Orvitis. Aux Ares Cautains, les huit bâtiments construits dans les années 1960 et leurs 52 logements vont progressivement disparaître pour laisser place à un quartier entièrement repensé. Logements plus petits, accessibilité, performance énergétique, végétalisation et disparition de la circulation automobile au cœur du site sont au programme. Montant de l'opération : 9,5 millions d'euros.
Le quartier des Ares Cautains concentre à lui seul plusieurs des problématiques auxquelles sont confrontés les bailleurs sociaux. Leur conception ne répond plus aux besoins actuels : logements parfois trop grands et sous-occupés, difficultés d’adaptation au vieillissement et à la mobilité réduite, performances énergétiques insuffisantes. Construits dans les années 1960, les huit bâtiments représentent actuellement 52 logements.
Pour Pierre Bolze, la question ne pouvait plus être traitée par de simples interventions ponctuelles. « On est sur un site important, avec un habitat qui est quand même dans un état de dégradation assez important. Le partenariat avec Orvitis, c'est de reconstruire complètement le quartier. » Après plusieurs années de réflexion et de concertation avec les habitants, Orvitis et la Ville ont donc fait le choix d’une requalification complète du quartier.
 
52 logements aujourd'hui, 44 demain
La transformation sera profonde. À terme, les 52 logements seront déconstruits et remplacés par 44 logements, avec une répartition privilégiant des typologies plus adaptées : 16 T2, 17 T3, 6 T4 et 5 T5. Le diagnostic social réalisé sur le quartier a montré que certaines grandes typologies étaient aujourd'hui sous-occupées. « On a fait un vrai diagnostic social pour identifier les besoins par rapport aux foyers » explique François-Xavier Dugourd, président d’Orvitis.
 
Maintenir les habitants qui le souhaitent
Le projet repose sur un principe particulièrement important : permettre aux locataires qui le souhaitent de revenir vivre dans le quartier une fois les travaux achevés. Ce choix explique en grande partie le phasage complexe de l'opération. Les travaux seront réalisés « à tiroir » : relogement des habitants d'une première tranche ; démolition des logements libérés ; reconstruction ; retour des locataires ; lancement de la tranche suivante. L'objectif est de limiter autant que possible les ruptures dans les parcours résidentiels.
 
Des logements adaptés au vieillissement
L'accessibilité constitue également l'un des enjeux majeurs.
Les bâtiments actuels comportent notamment des demi-paliers et ne sont plus adaptés aux personnes vieillissantes ou à mobilité réduite. Le futur quartier doit donc proposer des logements accessibles et plus faciles à vivre. Le projet prévoit également de retrouver une forme d'habitat plus horizontal. « L'idée est de faire le moins d'habitat collectif possible et le plus d'habitat horizontal. Il faut redonner aux habitants cet esprit d’habitat individuel. »
 
La voiture sort du cœur du quartier
La transformation concerne aussi les espaces extérieurs. Aujourd'hui, une voie traverse le quartier et constitue une coupure entre les différentes parties du site. Demain, la circulation automobile sera repoussée en périphérie.
Le cœur du quartier doit être transformé en espace plus apaisé, avec des cheminements piétonniers ; des espaces végétalisés ; des parkings en périphérie et une circulation automobile limitée. « Demain, dans n'importe quel projet, il n'y aura plus de traversée au cœur des îlots. Il n'y aura plus que des cheminements » précise le maire. L'objectif affiché est également de renforcer la végétalisation et la qualité environnementale du quartier. « La commande, c'est de verdir, de travailler l'aération, l'écologie et la transition énergétique sur ce quartier. »
 
Deux modes constructifs en compétition
Le projet présente une autre particularité : Orvitis étudie actuellement deux modes de construction. Le premier repose sur une construction traditionnelle réalisée directement sur le site. Le second consiste à fabriquer les logements hors site, en ossature bois, avant de les assembler sur place. « Le projet en construction hors site est beaucoup plus rapide que le projet en construction traditionnelle. Mais aujourd'hui, il y a encore un écueil fort : le prix n'est pas encore à la hauteur d'une construction classique » précise Christophe Bérion, directeur général d’Orvitis.
Le concours de conception-réalisation est en cours. Orvitis a retenu trois projets architecturaux pour chacun des deux modes constructifs, soit six candidats actuellement en lice. Les offres doivent être analysées avant le choix la semaine prochaine du projet et du mode de construction.
 
Un calendrier désormais engagé
Le démarrage de la phase d'études sont prévus à l'automne 2026. La première phase de démolition doit intervenir au début de 2027. Les réseaux sont déjà préparés et le travail sur la chaufferie est engagé. Le permis de construire portera sur l'ensemble du programme, ce qui doit permettre de gagner du temps entre les différentes tranches. L'objectif est ensuite de pouvoir engager la reconstruction de la première tranche à l'issue des premières opérations de déconstruction.
 
9,5 millions d'euros d'investissement
Le coût prévisionnel de l'opération est évalué à 9,5 millions d'euros. Le financement repose principalement sur Orvitis : 5 millions d'euros de prêts auprès de la Banque des Territoires, 4,2 millions d'euros de fonds propres et environ 320 000 euros de subventions et autres financements. Un investissement conséquent pour un quartier qui, selon les élus et le bailleur, nécessitait désormais une véritable transformation.
 
Pourquoi le projet a-t-il pris autant de temps ?
Le projet avait déjà été évoqué plusieurs années auparavant. Sa mise en œuvre aura donc nécessité du temps. La raison principale avancée est la concertation avec les habitants et la difficulté de reloger des personnes qui ne souhaitaient pas nécessairement quitter leur quartier. « Quand on travaille la concertation, ça prend du temps. Ici, c'est vraiment un engagement fort de dire que les personnes qui habitaient là pourront revenir. » Des rencontres individuelles ont ainsi été menées avec les familles. La question du relogement est d'autant plus sensible qu'Orvitis dispose de peu de logements vacants immédiatement disponibles. Certains habitants ont finalement été relogés ailleurs et pourront décider de rester dans leur nouveau logement. D'autres souhaitent retrouver le quartier.
Pour Pierre Bolze, le projet constitue surtout une occasion de repartir sur de nouvelles bases. « Quand on reconstruit un quartier, il vaut mieux prendre le temps de le penser plutôt que de le subir pendant cinquante ans. »
Le maire reconnaît que les Ares Cautains portent aussi une histoire sociale particulière.
Le quartier est qualifié de cité d'urgence et certains habitants y vivent depuis plusieurs décennies. La reconstruction doit donc avoir une portée qui dépasse la seule performance technique. « On aurait pu faire du pansement. On l'a fait sur quelques logements là où il y avait besoin de traiter en urgence. Mais plutôt que de faire quelques interventions, il vaut mieux aujourd'hui faire vraiment une opération de renouvellement urbainL'intérêt d'un projet comme celui-ci, à l'échelle de la ville, c'est justement d'avoir un changement complètement de physionomie du quartier. »
Un changement complet de modèle qui doit permettre aux Ares Cautains de devenir, demain, un quartier plus accessible, plus vert, plus apaisé et davantage adapté aux besoins de ses habitants.

Jeannette Monarchi

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