Beaune - A Gigny, dix pavillons pour faciliter l’accession sociale à la propriété

Beaune - A Gigny, dix pavillons pour faciliter l’accession sociale à la propriété

À Gigny, Orvitis transforme un ancien site de logements devenus obsolètes en dix pavillons neufs. Huit seront proposés en accession sociale à la propriété via le PSLA et deux resteront en location. Un programme destiné à élargir le parcours résidentiel à Beaune, avec des logements accessibles et sécurisés pour les ménages qui souhaitent devenir propriétaires.

La visite organisée ce vendredi par Orvitis s'est poursuivie au hameau de Gigny, rue de la Motte. Un site particulièrement symbolique de la stratégie portée conjointement par la Ville de Beaune et l'office public de l'habitat. Pierre Bolze, maire de Beaune, François-Xavier Dugourd, président d'Orvitis, Christophe Berion, directeur général, Sandrine Boyer, directrice de l'aménagement et du développement immobilier, et Stéphane Hot, responsable de l'agence de Beaune, étaient présents sur le chantier. Côté Ville, Virginie Longin, adjointe aux affaires sociales, au logement et à la vie des familles, et Stéphane Dahlen, adjoint à l'urbanisme et aux travaux, participaient également à cette visite. Pour Pierre Bolze, le logement est devenu une question directement liée à l'attractivité économique de Beaune.
« On a aujourd'hui la chance d'être sur un territoire à 4,4 % de chômage. C'est formidable. Mais cela a aussi des incidences : on a de plus en plus de mal à recruter, alors que nos entreprises recrutent sur le territoire. Et la problématique du logement est la problématique numéro un. » D'où l'importance, selon le maire, de développer une offre diversifiée : logement social, logement libre, logement intermédiaire mais aussi accession sociale. « Il faut faire une offre adaptée pour attirer la population, avoir une frange d'accession sociale à la propriété, du logement libre et du logement intermédiaire pour pouvoir toucher davantage la classe moyenne. »

 
Reconstruire « la ville sur la ville »
Le programme de Gigny intervient sur un ancien site de logements locatifs – une barre de 14 logements - qui ne correspondait plus aux standards actuels en matière de confort et d'accessibilité. Plutôt que de conserver et réhabiliter à minima l'existant, Orvitis et la Ville ont fait le choix de déconstruire en 2018 puis de reconstruire sur le même foncier. Une logique que Christophe Berion résume par une formule : « Reconstruire la ville sur la ville ».
Le nouveau programme comprend 10 pavillons : huit T4 de 85 m² en accession sociale à la propriété et deux T4 de 80 m² en locatif. Les logements disposent d'un plancher chauffant, d'une pompe à chaleur air-eau pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire, d'une cuisine aménagée, d'un jardin clos et d'un garage. L'implantation reprend les caractéristiques du tissu pavillonnaire environnant.
 
Le choix du pavillon plutôt que du collectif
Pour Orvitis, le choix architectural n'est pas anodin. Le site aurait pu être reconstruit sous la forme d'un nouvel immeuble collectif. L'office a préféré privilégier des logements individualisés. « On a fait le choix de pavillons jumelés plutôt que d'un petit collectif, parce qu'on est dans un tissu plutôt pavillonnaire et que cela s'intégrait beaucoup mieux », explique l’architecte André de Sambucy L'objectif est également de favoriser la mixité des parcours résidentiels. Les anciens occupants ont été relogés. Certains pourront retrouver le quartier, notamment en location, tandis que d'autres pourront potentiellement devenir propriétaires grâce au dispositif d'accession.
 
Le PSLA, une accession sécurisée
Huit des dix pavillons sont destinés à l'accession sociale à la propriété dans le cadre du Prêt social location-accession (PSLA). Le dispositif repose sur une période locative pouvant aller jusqu'à deux ans, au terme de laquelle le locataire peut lever l'option d'achat. L'accession bénéficie par ailleurs de plusieurs avantages financiers : TVA réduite ; frais de notaire réduits ; exonération de taxe foncière pendant 15 ans et accompagnement dans le montage du financement. Le prix retenu, autour de 230 000 à 245 000 euros selon les logements, vise à rester cohérent avec le marché local tout en conservant l'intérêt du dispositif.
Le principe est également de sécuriser l'accession. En cas d'accident de la vie ou de difficulté importante, des mécanismes de sécurisation existent afin d'éviter qu'un ménage ne se retrouve brutalement sans solution. « C'est vraiment un produit sécurisé pour les personnes qui accèdent à la propriété. L'idée est de leur permettre de franchir le pas sans prendre tous les risques d'une accession classique. »
 
Une commercialisation qui accélère
Le PSLA souffre parfois d'une difficulté : convaincre des ménages de s'engager sur un logement qu'ils ne peuvent pas encore voir. « Quand on s'adresse à des primo-accédants, des personnes qui n'ont pas l'habitude d'acheter, elles vont acheter sur plan. Elles n'ont pas forcément cette démarche. » À Gigny, le lancement concret du chantier a changé la perception du programme. Sur les huit logements destinés à la vente, six étaient déjà réservés au moment de la visite. « Dès qu'on a commencé à mettre le premier coup de pelle, je peux vous dire qu'on a eu plein de monde. » Orvitis souligne que ce type de produit rencontre généralement une demande importante dans le département.
La livraison est prévue en janvier 2028. Les travaux ont démarré en juillet 2026.
Le programme est réalisé dans le cadre d'une conception-réalisation avec Orvitis comme maître d'ouvrage, le cabinet d'architectes A2A, basé à Dijon, pour la maîtrise d'œuvre et Bâtir Ensemble, également basé à Dijon, pour la conception-réalisation.
 
Une architecture pensée autour du jardin
L'architecte André de Sambucy, du cabinet A2A, détaille une implantation destinée à préserver l'intimité des habitants. Les huit logements en accession sont des T4 de 85 m² et les deux pavillons locatifs des T4 de 80 m². Le terrain, étroit et tout en longueur, a été utilisé pour séparer clairement les espaces publics et privés. « Toutes les entrées et les garages sont du côté de la rue. Cela nous permet de séparer clairement la partie entrée publique de la partie plus privée, avec les séjours et les chambres orientés vers la zone arborée. » L'environnement végétalisé doit ainsi devenir une composante à part entière du projet.
 
Un enjeu économique autant que résidentiel
Pour Pierre Bolze, ce programme s'inscrit dans une politique plus large du logement à Beaune. « C'est important de pouvoir, en tant qu'élu local, se dire quel est l'impact, quel est l'intérêt finalement de la politique du logement que l'on peut avoir et comment on peut influer sur ce qui se passe. » Le maire insiste également sur la nécessité de travailler avec les bailleurs dans la durée. « Ce sont des programmes qu'on a travaillés ensemble pour qu'il y ait une bonne mixité et un impact fort sur la dynamique du territoire. »
À Gigny, cette mixité passe concrètement par la coexistence de logements locatifs et de logements en accession. Une manière de ne pas limiter le logement abordable à la seule location, mais de permettre aussi à certains ménages de franchir une étape supplémentaire dans leur parcours résidentiel.

Jeannette Monarchi

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