Logement - Ces jeunes actifs qui restent chez leurs parents faute de pouvoir se loger
Publié le 17 Septembre 2026 à 15h01
Ils travaillent, gagnent leur vie et, pour beaucoup, épargnent chaque mois. Pourtant, près de 4,1 millions de jeunes adultes de 23 à 34 ans vivent ou ont vécu chez leurs parents à l’âge adulte. Une enquête menée par FLASHS pour Ymanci montre les conséquences financières et familiales de cette cohabitation, souvent subie face aux difficultés d’accès au logement.
Le « Tanguy » de 2026 a bien changé. Loin du cliché du jeune adulte sans emploi installé confortablement chez ses parents, près de trois quarts des jeunes concernés travaillent (74 %), tandis que 48 % sont en CDI. Pour autant, leurs revenus ne suffisent pas toujours à franchir le cap de l’indépendance. Près de la moitié perçoivent entre 901 et 1 900 euros nets par mois.
Cette situation concerne des millions de jeunes adultes. Selon l’étude* menée par FLASHS pour Ymanci, 4,1 millions de Français âgés de 23 à 34 ans vivent ou ont déjà vécu chez leurs parents à l’âge adulte. En cause notamment : le coût de la vie, des revenus parfois modestes et des conditions d’accès au logement difficiles. En France, l’âge moyen du départ du domicile parental s’établit toutefois à 23,8 ans, selon Eurostat 2025.
Les parents aussi mettent la main au portefeuille
La solidarité familiale a cependant un coût. Neuf jeunes hébergés sur dix participent aux dépenses du foyer (89 %), notamment à travers les courses ou les factures. Mais cette contribution ne suffit pas toujours à compenser les dépenses supplémentaires supportées par les parents.
Ainsi, 83 % des parents concernés déclarent avoir vu leurs dépenses quotidiennes augmenter depuis le retour ou le maintien de leur enfant au domicile. Pour faire face, 47 % ont réduit leurs loisirs ou leurs vacances et 38 % ont puisé dans leur épargne. Plus d’un quart ont également reporté un projet personnel important et 11 % ont contracté un prêt.
Une cohabitation qui permet aussi d’épargner
Pour les jeunes, rester au domicile familial constitue néanmoins une possibilité de mettre de l’argent de côté. Six sur dix épargnent plus de 200 euros par mois. Pour 53 % de ceux qui mettent de l’argent de côté, l’objectif est de préparer l’achat d’un logement ou de constituer un apport. L’épargne sert également à financer une voiture (38 %) ou à constituer une épargne de précaution (33 %).
Une situation qui crée un paradoxe : pendant que certains parents réduisent leurs dépenses ou puisent dans leur épargne, leurs enfants utilisent la cohabitation pour constituer progressivement un capital en vue de leur future indépendance.
Entre soulagement et sentiment d’échec
Cette vie sous le même toit n’est pas toujours vécue comme une contrainte. Pour 47 % des jeunes interrogés, elle constitue un soulagement, tandis que 29 % la considèrent comme une situation normale et 26 % expriment de la gratitude envers leurs parents. Mais 22 % évoquent une gêne et 18 % un sentiment d’échec.
Du côté des parents, 75 % disent prendre plaisir à retrouver une vie familiale, mais 69 % s’inquiètent de l’avenir de leur enfant. Près de la moitié ressentent également une fatigue liée au quotidien.
L’étude fait également apparaître une autre dimension, plus discrète : le tabou. Près de quatre jeunes concernés sur dix ont déjà caché ou évité d’évoquer leur situation (38 %). Chez les parents ayant consenti un effort financier, 39 % ont également déjà dissimulé à leur enfant ce que cette aide leur coûtait.
Une solidarité familiale devenue un levier d’autonomie
Pour aider leurs enfants à accéder à leur propre logement, les parents vont parfois plus loin : 43 % déclarent prendre en charge certaines dépenses courantes, 27 % avoir financé ou réalisé des travaux et 24 % verser une aide financière régulière. Certains se portent également garants pour un prêt immobilier (22 %) ou contribuent à l’apport (18 %).
L’enquête dessine ainsi le portrait d’une génération qui ne refuse pas nécessairement l’autonomie, mais dont l’accès au logement peut repousser le départ du foyer familial. Derrière les portes du domicile, la solidarité entre générations permet à certains jeunes de travailler, d’épargner et de préparer leur avenir, tandis que les parents absorbent une partie du coût de cette période de transition.
Chiffres clés économiques de l’étude :
83 % des parents concernés ont vu leurs dépenses du quotidien augmenter depuis le retour de leur enfant adulte
47 % ont réduit leurs loisirs ou leurs vacances pour absorber ce surcoût, et 11 % ont contracté un prêt
Pourtant, 74 % des jeunes hébergés occupent un emploi et près de la moitié sont en CDI (48 %)
29 % gagnent même plus de 1 900 euros nets par mois tout en restant au domicile familial
*Enquête réalisée par FLASHS pour Ymanci du 6 au 8 juillet 2026 par questionnaire autoadministré en ligne auprès de deux échantillons : 1 000 personnes vivant ou n'ayant jamais quitté le foyer familial et 1 000 parents hébergeant ou ayant hébergé leur enfant de 23 ans ou plus après qu'il ait quitté le domicile familial, issus d'un panel de 2 296 Français et Françaises représentatif de la population française âgée de 23 à 34 ans.
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