CÔTE D'OR
Mouvement « contre la vie chère » : aucune manifestation ne sera légale en Côte-d'Or ce samedi 24 octobre
Publié le 23 Octobre 2026 à 19h22
Communiqué de presse
La liberté de manifester est une liberté fondamentale, protégée par la Constitution. Tous les jours, l'État en garantit la bonne organisation et sécurise les manifestations revendicatives, qu'elles s'adressent ou non au Gouvernement. Mais les textes prévoient également qu'elle soit conciliée avec la protection des personnes et des biens, et c'est ce qu'on appelle l'ordre public. Les dispositifs mis en place par l'État ce 24 octobre en Côte-d'Or sont guidés par deux objectifs : protéger les personnes, et protéger les biens, en particulier les commerces.
Aucune manifestation « contre la vie chère » ou dans le prolongement du mouvement lycéen n'a été régulièrement déclarée en Côte-d'Or pour ce samedi 24 octobre : de fait, celles qui auraient lieu seraient interdites
La loi prévoit qu'une manifestation se déclare obligatoirement au moins 3 jours avant : soit en préfecture (en zone police), soit en mairie (en zone gendarmerie). Sinon, elle est illégale.
Le 17 et le 24 octobre: aucune déclaration préalable n'a été faite. De sorte que ces rassemblements sont illégaux.
Que contient la déclaration ? L'objet de la manifestation, le lieu, la date, l'heure, l'itinéraire envisagé, et le nom des organisateurs. Car cela permet de dialoguer avec les organisateurs avant la manifestation pour sécuriser le parcours des manifestants.
Alors ayez le bon réflexe : avant d'aller manifester, assurez-vous de savoir si la manifestation est déclarée et légale.
Samedi 24 octobre 2026, à quoi s'attendre ?
En Côte d'Or, quelques manifestations, comme c'est le cas chaque week-end et en particulier à Dijon, ont été légalement déclarées et pourront se tenir.
En revanche, aucune manifestation « contre la vie chère » ou relative au mouvement lycéen n'a été réglementairement déclarée : cela signifie qu'il n'y a pas d'organisateur, ni de parcours officiel. Toute manifestation portant sur cette thématique sera donc illégale, comme c'était le cas le 17 octobre.
Pour protéger les personnes et les biens, en particulier les commerces, la Préfète a interdit par arrêté préfectoral tout attroupement ou rassemblement dans un périmètre du centre-ville de Dijon, incluant la gare.

Les forces de l'ordre seront présentes en nombre pour y veiller, et y protéger en particulier les commerces et des bâtiments publics.
Un dispositif sera mis en place afin que des suites judiciaires puissent y être apportées, sous le contrôle du juge, a posteriori en cas de non-respect de ce périmètre.
En complément, de ce vendredi 23 octobre (8 h) au lundi 26 octobre 2026 (8 h), il est interdit d'acheter, de vendre, de détenir, de transporter et d'utiliser sur la voie publique ou en direction de l'espace public des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques. Et il est interdit de distribuer, vendre et acheter du carburant dans tout récipient transportable. Ces mesures de police administrative sont édictées par arrêté préfectoral : leur non-respect constitue un délit.
Pour les commerçants, s'organiser pour être tenu informé et avoir les bons réflexes est une priorité.
La police et la gendarmerie communiquent par SMS avec les commerçants inscrits au dispositif « ALERTE COMMERCE » porté par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). Cela leur permet d'être informé en temps réel, le jour d'une manifestation, et de savoir s'ils doivent être amenés, en dernier recours, à fermer leur commerce en cas de débordement.
C'est ainsi que deux SMS ont été envoyés à une partie des commerçants de Dijon samedi 17 octobre. Toutefois, tous ne sont pas inscrits.
A cet effet, il est donc impératif qu'ils s'inscrivent (gratuitement) auprès de la CCI. Plusieurs démarches ont été lancées par l'Etat, le monde économique et la Ville de Dijon ces derniers jours en ce sens.
Quelques conseils à partager :
Se protéger avant tout : s'il y a des casseurs ou des actes violents dans la rue, je me protège et je ne sors pas de mon commerce pour regarder.
Protéger mon commerce, oui mais comment ? Avant la manifestation, installer du matériel adapté (alarme, rideau de fer, vidéoprotection...). Le jour de la manifestation, retirer tout ce qui peut être utilisé pour mettre le feu (poubelles, cartons...) et enlever tout ce qui peut être projeté pour blesser ou casser (pavés, parasols...).
Si le sms vous l'indique : fermer immédiatement votre établissement, pour protéger vos salariés, vos clients et vous-même.
En cas d'urgence, que dois-je faire ? Contacter le 17.
Enfin, pour bien comprendre
Manifester, c'est quoi ? Se rassembler, exprimer des désaccords et des demandes, faire porter sa voix, le cas échéant avec des pancartes, des slogans, des prises de paroles, pour revendiquer et se faire entendre pacifiquement. Ce n'est pas brûler des poubelles, des voitures, dégrader du mobilier urbain ou des bâtiments publics, piller des commerces ou lancer des projectiles sur les policiers et les gendarmes.
Quel est le rôle de la Police et la Gendarmerie nationales lors d'une manifestation ? Sécuriser les parcours des manifestations légalement organisées, et protéger les personnes et les biens en maintenant ou, à défaut, en restaurant le plus vite possible l'ordre public.
Peut-on dissimuler son visage lors d'une manifestation ? Dissimuler son visage dans l'espace public, c'est interdit par la loi.
Le maintien de l'ordre, c'est quoi ? Préserver la paix et la sécurité dans un lieu public. C'est le rôle des policiers et gendarmes. Ils sont visibles, encadrent et protègent le cortège. Ils parlent, ils préviennent, demandent de libérer un accès ou au contraire de ne pas l'emprunter. Ils veillent à permettre aux sapeurs-pompiers d'intervenir rapidement en cas de besoin. Ils agissent de manière graduée, dans un cadre légal structuré par les textes.
Savoir quitter une manifestation qui dégénère : Écouter les instructions données par les forces de l'ordre : la dispersion se fait après sommations avec un mégaphone. Continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Attention : en cas de violences ou de voies de fait exercées directement contre les représentants de la force publique, les sommations ne sont plus nécessaires. Si une manifestation à laquelle vous participez dégénère, a fortiori si elle n'a pas été légalement déclarée, ou que vous vous trouvez à proximité, il faut s'en extraire et s'en éloigner le plus vite possible.
Pourquoi l'usage de la force ? La force est le dernier recours. Elle est proportionnée et s'arrête lorsque le calme revient. Pour éviter le contact physique, elle consiste en premier niveau à utiliser des gaz lacrymogènes, pour disperser un attroupement dangereux ou pour marquer l'interdiction d'emprunter une direction ou un axe.
En bref : la police et la gendarmerie n'agissent qu'en réaction à des troubles à l'ordre public et à des violences.
Jamais en premier. Si des gaz lacrymogènes sont lancés, c'est qu'il y a une raison.
Et rappelez-vous bien que dans une manifestation, vous ne pouvez pas tout voir, surtout s'il y a une beaucoup de monde. Parfois, vous ne pouvez pas tout entendre. C'est la raison pour laquelle les manifestations légalement organisées comprennent souvent, grâce aux organisateurs, un « service d'ordre », qui permet d'informer les manifestants en leur sein. C'est ce qui justifie l'impératif de déclaration, et donc d'organisation.
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