SANTENAY

Santenay - La Biennale de sculpture contemporaine trouve refuge au château Philippe le Hardi avec 110 sculptures contemporaines à découvrir

Santenay - La Biennale de sculpture contemporaine trouve refuge au château Philippe le Hardi avec 110 sculptures contemporaines à découvrir

Du 4 au 11 juillet, le château Philippe le Hardi de Santenay accueillera exceptionnellement la Biennale Interactive de Sculpture Contemporaine en Bourgogne (BISCB), habituellement organisée à Nolay. Contraints de quitter leur site habituel en raison de travaux, les organisateurs investissent ce prestigieux domaine viticole pour présenter l’exposition « Au Domaine des Sens », réunissant plus de 110 œuvres et une vingtaine d’artistes dans un dialogue original entre art contemporain, patrimoine et paysage bourguignon.

Sous le titre évocateur « Au Domaine des Sens », cette exposition réunira 22 artistes et plus de 110 œuvres, dont une dizaine de sculptures monumentales installées dans le parc du château. Une parenthèse artistique qui permettra de faire dialoguer création contemporaine, architecture patrimoniale et paysage viticole bourguignon.
 
Une solution pour préserver le rendez-vous biennal
Pour Frédéric Jangot, président de l'association depuis 2024 et décorateur de cinéma de profession, il était impensable d'interrompre le rythme biennal de la manifestation. « Le Cosec de Nolay n'étant pas disponible, nous avons cherché un lieu capable d'accueillir des artistes de renom tout en offrant un cadre à la hauteur de leurs œuvres. Le château Philippe le Hardi s'est imposé naturellement. » Depuis plus d'un an, l'équipe de bénévoles travaille à l'organisation de cette édition particulière, multipliant les démarches auprès des partenaires et mécènes afin de préserver l'ambition artistique de l'événement. « Tout le budget est consacré aux artistes : le transport des œuvres, l'hébergement, leur accueil. L'association est au service des créateurs. »
Une philosophie qui guide la Biennale depuis ses débuts : permettre à des territoires ruraux d'accéder à des œuvres habituellement visibles dans de grandes institutions ou dans les grandes métropoles culturelles. « Notre objectif est d'amener dans des territoires parfois éloignés des grands centres urbains des œuvres remarquables que l'on a davantage l'habitude de voir au Louvre, à Marseille ou dans de grandes galeries. »
 
Un château qui devient galerie grandeur nature
Le choix du château Philippe le Hardi ne relève pas seulement d'une nécessité logistique. Le domaine offre un écrin particulièrement adapté à la sculpture contemporaine. Les œuvres seront réparties entre les espaces intérieurs, les salles de réception et les extérieurs du domaine, permettant un dialogue permanent entre les matériaux, les volumes et le paysage. « Le fil conducteur de cette exposition, c'est de choisir des artistes dont le travail s'intègre naturellement dans les lieux. Le château met véritablement les œuvres en majesté. »
L'association a sélectionné les sculptures en tenant compte de leur capacité à entrer en résonance avec l'architecture historique du site et avec le vignoble environnant.
 
Paul Day, invité d'honneur
Parmi les artistes présents figure une personnalité particulièrement attendue : le sculpteur britannique Paul Day. Considéré comme l'un des grands maîtres du bas-relief contemporain, il avait rencontré un important succès lors de sa rétrospective « Une vie en relief, de Londres à Beaune », organisée l'an dernier au Musée des Beaux-Arts de Beaune. « Paul Day avait participé aux premières Biennales il y a une dizaine d'années. Nous sommes très heureux de le retrouver. Il présentera trois œuvres. » L'artiste, souvent surnommé « le plus Bourguignon des Britanniques », apportera une dimension particulière à cette édition.
 
Une grande diversité de matériaux et de sensibilités
L'exposition témoigne de la richesse de la sculpture contemporaine actuelle. Terre cuite, bronze, acier corten, marbre, textile, résine ou encore métal composent un parcours où chaque artiste développe un univers singulier.
Les visiteurs pourront notamment découvrir les œuvres de Sylvie Arfelli, Carole Auriac, David Benoit, Anita Bonici, Éric Chambon, Julien Clar, Xavier Embise, Sophie Mattei, Christelle Meunier, Anne Moreau-Vagnon, Gilles Pugin, Katty Verstraeten ou encore Éric Vialla-Tweak. « Nous avons des œuvres très figuratives, d'autres beaucoup plus abstraites, certaines inspirées du monde animal, d'autres plus ethniques ou encore un hommage à François Pompon. Cette diversité est une richesse. »
Des artistes venus de toute la France seront représentés, ainsi que plusieurs créateurs belges.
 
Le FRAC Bourgogne apporte une dimension supplémentaire
L'exposition accueillera également une œuvre de la collection du FRAC Bourgogne signée de l'artiste mexicaine Sofía Táboas. Intitulée Four Personal Cages 1, cette sculpture en fer forgé évoque à la fois les grilles caractéristiques des habitations de Mexico et les notions de protection, de sécurité et d'enfermement. Assez vaste pour contenir une personne, l'œuvre interroge la frontière parfois ténue entre protection et privation de liberté.
Un médiateur du FRAC Bourgogne sera présent afin d'accompagner les visiteurs dans la découverte et l'interprétation de cette création. « C'est intéressant d'avoir ce miroir entre une œuvre conceptuelle comme celle-ci et d'autres sculptures plus figuratives présentes dans l'exposition. »
 
Le château Philippe le Hardi confirme sa vocation culturelle
Pour Marie Jacquin, responsable événementiel et œnotourisme du domaine, cette collaboration s'inscrit pleinement dans la stratégie culturelle du château. « Nous connaissons la Biennale depuis longtemps et nous avons toujours été partenaires de l'événement. Le château souhaite continuer de développer des activités culturelles qui se marient parfaitement avec le vin et le patrimoine. » Le domaine accueille déjà régulièrement concerts, spectacles et événements artistiques. « Nous sommes très ouverts à ce type de projets. Cette biennale nous a immédiatement séduits. Nous sommes heureux de pouvoir présenter des artistes de renom dans ce cadre architectural exceptionnel. »
Le château met gracieusement ses espaces intérieurs et extérieurs à disposition de l'association et proposera lors de l'inauguration une dégustation de ses vins.
 
Soutenir les artistes et favoriser les rencontres
Au-delà de la diffusion culturelle, la Biennale entend également soutenir concrètement les créateurs. Les œuvres exposées seront proposées à la vente et l'association, avec le soutien du château, invitera collectionneurs, galeristes et amateurs d'art susceptibles de découvrir le travail des artistes. « Notre rôle est aussi de créer des rencontres et d'aider les artistes à trouver des acheteurs. » Une démarche fidèle à l'ADN de l'événement, qui souhaite rendre l'art contemporain accessible au plus grand nombre tout en valorisant le travail des créateurs.
 
Une passerelle vers la prochaine Biennale
Cette exposition constitue enfin un trait d'union avant le retour de la Biennale dans son format habituel. « L'objectif est de maintenir la dynamique de l'événement et de préparer la prochaine édition à Nolay en 2028. »
En attendant, le château Philippe le Hardi offre à la sculpture contemporaine un décor exceptionnel où l'art dialogue avec les pierres, les vignes et l'histoire de la Bourgogne.

Jeannette Monarchi

Informations pratiques
Au Domaine des Sens
Exposition de la Biennale Interactive de Sculpture Contemporaine en Bourgogne
Château Philippe le Hardi – 1 rue du Château à Santenay
Du 4 au 11 juillet 2026
Horaires :
Samedi 4 juillet : 14 h – 18 h
Dimanche 5 juillet : fermé
Du lundi 6 au vendredi 10 juillet : 10 h – 18 h
Samedi 11 juillet : 10 h – 16 h
Entrée libre